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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 08:30

Aujourd'hui, nous allons parcourir les Bijoux de la Castafiore, pour nous arrêter sur un épisode champagnisé des aventures de Tintin. Je dirais même plutôt, une non aventure alcoolisée dans la veine de cet épisode immobile. Paru en 1963, cet album fait en effet bande à part au sein de l'oeuvre de Georges « Hergé » Remi. Comme Pierre Assouline le démontre avec brio dans sa biographie Hergé, l'album des Bijoux de la Castafiore est particulièrement abouti, car il ne s'y passe (quasiment) rien. La succession de péripéties joue avant tout sur le contre emploi (le savant Tryphon Tournesol romantique) et le comique de répétition (la marche brisée de l'escalier principal).

Sans oublier l'absurde, qui fait de Moulinsart un petit théâtre que n'aurait pas renié Eugène Ionesco. Donnant son titre à l'album, le summum de l'absurdité est bien sûr la perte des bijoux de Bianca Castafiore (l'air des bijoux du Faust de Charles Gounod étant son refrain fétiche). Parmi ces nombreux gags, l'épisode de l'Harmonie de Moulinsart a une place particuliére, s'inspirant d'une situation vécue par Hergé.

 

Tintin-bijoux-castafiore-fanfare-moulinsart-champagne.jpg

 

 

Sonnez, sonnez toujours, poivrons de la BD

 

Si l'évocation du mythe de Cana dans Tintin est trés épisodique (cf. les 7 boules de cristal), l'apparition de bouteilles de champagne dans ses aventures est assez fréquente. Dans le Crabe aux pinces d'or, les caisses de champagnes de la soute du Karoubdjan sont de véritables pistolets à bouchons. Toujours dans cet album de 1941, le capitaine Haddock est victime d'hallucinations dans le désert, Tintin devenant à ses yeux assoifés une bouteille de champagne. Certains voyant dans ce gag bon enfant une parabole de l'homosexualité de Hergé, on se demandera ce qu'ils pensent de celui d'Objectif lune. Fêtant le projet de fusée spatiale, le capitaine avale le bouchon d'une bouteille de champagne qu'il a trop rapidement ouverte... « Une tape dans le dos » sauve le capitaine de ce qui pourrait bien passer pour une incitation à de troublantes pratiques sado-masochistes. Même le soupçon zoophile persiste, Milou se prenant le bouchon recraché dans le cou (« le champagne ne me réussit pas »)...

Bref, nous n'allons pas nous attarder sur les cartes de vœux du studio Hergé (au choix à flûtes ou coupes de champagnes), ni sur les nombreux produits dérivés tintinophiles (étiquettes de bouteilles, muselet et capsule en éditions limitées...) qui ont trait aux vins de Champagne. Revenons plutôt aux Bijoux de la Castafiore. Après que le séjour de la cantatrice milanaise ait été divulgué par la presse, le maire de Moulinsart se rend au château du même nom*. Il y prononce un discours de l'acabit de ceux soporifiques du maire de Champignac des aventures de Spirou et Fantasio, mais il est surtout accompagné de la fanfare de Moulinsart. Au cours du deuxième entretien de Numa Sadoul avec Hergé (Tintin et moi, entretiens avec Hergé, 1975 aux éditions Casterman), l'auteur rapport une « anecdote qui montre combien la célébrité en général, et celle de « Tintin » en particulier sont choses relatives ».

Se trouvant dans une de ses propriétés à proximité de Bruxelles, Hergé « reçut la visite de la fanfare de la petite localité voisine. Les musiciens avaient déjà fait le tour des cafés des environs et, quand ils sont arrivés, dans un espèce de char-à-bancs, ils étaient sérieusement éméchés. Ils sont descendus, une bonne dizaine, ils ont commencé, en rang, par compisser ma haie... Cette formalité accomplie, ils ont faire leur entrée triomphale, tarata boum pouët pouët !... Et ils ont alors répandu des flots d'harmonie. Après avoir bien joué, ils ont bien bu. La bière a coulé, elle aussi, à flots... Enfin, leur porte-parole prononcé le traditionnel discours de remerciement. Discours qu'il a conclu en ces termes : « Et maintenant, chers amis, nous allons lever notre verre à la santé de Mossieu Remi, et crier tous ensemble, d'une seule et même voix : Vive Spirou ! »... »

 Hergé s'est directement inspiré de cette charmante anecdote pour l'Harmonie de Moulinsart, une façon de rentabiliser la beuverie des fanfarons belges. La transposition en bande dessinée est cependant d'un standing un peu plus élevé. Bianca Castafiore impose en effet du champagne aux importuns convives (contre le gré de l'impotent Haddock « Quoi ? ... Du champagne ? ... Jamais ! »). Au final, la fanfare est toujours aussi saoule, mais le gag s'est francisé, gommant la belgitude brassicole.

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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 08:30

Aujourd'hui, nous allons écouter un classique de tout bon bal musette qui se respecte : Ah ! le petit vin blanc. Inscrite au répertoire des chanson à boire, l'hymne à la consommation du vin blanc a été chanté sans modération par de multiples interprètes. Si l'on connaît surtout le pochetron de guingette, il ne faut pas passer sous silences les artistes du Music Hall qui s'en sont donnés à gorge déployée : du Chanteur sans nom à Yvette Horner, en passant par Tino Rossi.

C'est l'interprétation de ce dernier qui nous intéresse ici. Inévitablement soutenue par l'accordéon des tonnelles, la voix de Constantin ''Tino'' Rossi se pose ici sur un rythme plus soutenu que la version originale. Si cette accélération lui permet de ménager des trémolos musette stéréotypiques, elle ne conduit pas à un chœur de Petit papa saoul la tonnelle. En effet, l'auditeur n'est pas en mesure de pousser le refrain. Il est plutôt invité à se trémousser sous les tonnelles, car la festivité, plus que l'ébriété, est le premier motif de la chanson de Jean Dréjac.

 

 

Le chant des petits vins blancs

 

La chanson ah ! le petit vin blanc fut écrite en France par Jean Dréjac en 1943, sur une musique de Charles-Borel Clerc. Mais l'Histoire de la chanson française retient surtout que cette même année, la Résistance trouvait son hymne sur les ondes anglaises : le Chant des partisans*. Cette coïncidence ne donne pas vraiment de lustre à l'hymne du petit vin blanc... Est-elle pour autant une simple tocade passagère, témoignant d'un besoin de légèreté sous la chape de l'Occupation ?

A l'écouter avec attention, ah ! le petit vin blanc a plutôt l'air d'une réponse au Temps des cerises. Les deux chansons parlent en effet des amours printaniers, du côté de Nogent ou sous les cerisiers, les variations sont identiques. Composée avant la Commune de Paris (1871), le Temps des cerises prophétise cependant les désillusions des classes populaires, qui en garderont "une plaie ouverte au coeur". Face à cet écho nostalgique et fataliste, la chanson ah ! le petit vin blanc paraît encore une fois légère, avec ses canotiers enamourachées de danseuses engrossées... Pourtant elle aussi pertinente. En avance sur son époque, comme le Temps des cerises, elle préfigure l'innocence retrouvée de la Libération : époque où les tailles prennent de l'avantage, de ripaille comme de marmailles.

Ah ! le petit vin blanc n'est devenue célèbre qu'après la Libération, notamment grâce à l'interprétation de Lina Margny (vidéo ci-dessus). Elle fut reprise par Tino Rossi sur un disque de 1969 (cliquer ici pour en écouter la version que l'on retrouve sur son best-of). Si l'on en croit le site Wikipedia, l'un de ses interprètes actuels est Patrick Bruel. Pour sa part le Temps des cerises aura eu la chance de voir succéder à Yves Montand le groupe Noir Désir, la postérité, comme la popularité, passe par ce genre de détails...

 

 

* : traduction de Joseph Kessel (et de son neveu Maurice Druon) de la chanson composée par la russe Anna Marly, le « troubadour de la Résistance ».

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 08:30

Aujourd’hui, nous allons parcourir Jacques le fataliste et son maître de Denis Diderot. Roman atypique de la fin du XVIIIème siècle, Jacques le fataliste peut d'abord sembler n'être qu'une enfilade de digressions donquichottesques. La longue parenthèse de l'auberge que nous allons évoquer souligne d'ailleurs cette filiation avec l’œuvre de Cervantes. Mais entre le siècle d'or espagnol et les Lumières, les contes philosophiques sont nés et Diderot prend une verve toute voltairienne pour dépeindre les guerres en dentelle ou les mœurs des campagnes.

A la fin de Jacques le fataliste, Diderot conduit donc Jacques et son maître à l’hôtel. Ils y trouvent une aubergiste encore plus bavarde que Jacques, qui commence à raconter l'histoire d'un autre voyageur : le marquis des Arcis. Suivant la rengaine du roman, cette histoire qu’elle raconte à Jacques et son maître est interrompue de multiples fois... notamment par l’aigreur de Jacques, agacé par cette pipelette qui l’empêche de poursuivre l’histoire de ses amours.

 

Jacques-le-fataliste-maitre-auberge-hotesse-champagne-histo.png

Si votre breuvage se rapporte à votre barvadage, vous êtes l’hôtesse des gueules de bois

Cahin-caha, le fil rouge du voyage de Jacques et de son maître est le récit inachevé des amours du valet. A chaque fois que le serviteur remet sur le métier cet ouvrage, la question est de savoir comment ce récit sera à nouveau interrompu. A peine repris, la trame narrative est ici interrompue par le retour de la femme de l’aubergiste. Prévenant l'irritation du lecteur, malmené par ces récits plus en pointillés qu'entrecroisés, le narrateur intervient et annonce : « qu’il n'est plus en (son) pouvoir de la renvoyer - pourquoi donc ? - c’est qu’elle se présente avec deux bouteilles de champagne, une dans chaque main, et qu’il est écrit là-haut que tout orateur qui s’adressera à Jacques avec cet exorde s’en fera nécessairement écouter ».

Le fatalisme proverbial de Jacques accueille donc ces bouteilles comme l’occasion d’un vin de la paix. Il se laisse même asperger du vin pétillant par leur hôtesse, l'auteur de l'Encyclopédie ne manquant pas de savoir que le champagne ne tâche pas. Au bout de quelques verre, la technique de séduction marche. Jacques est désormais hypnotisé par l'aubergiste, « la regardant avec des yeux dont le vin de Champagne avait augmenté la vivacité naturelle  ».

S'ensuit un long récit de l’hôtesse, l’histoire de madame de la Pommeraye*, émaillé d’interruptions opportune de Jacques (« j’en tremble : et il faut que je boive un coup pour me rassurer »), conduisant à l’apparition de nouvelles bouteilles, vidées jusqu’à ce que le récit s'achève. Arrivés au point final, le maître et son serviteur sont fins saouls. Si le premier s'endort immédiatement, le second s'agite. Il réveille son maître, qui lui demande :

 « À quelle heure as-tu résolu de te coucher?

 - Tout à l'heure, monsieur; c'est qu'il y a... c'est qu'il y a...

 - Qu'est-ce qu'il y a?

- Dans cette bouteille un reste qui s'éventerait. J'ai en horreur les bouteilles en vidange; cela me reviendrait en tête, quand je serais couché; et il n'en faudrait pas davantage pour m'empêcher de fermer l'œil. Notre hôtesse est, par ma foi, une excellente femme, et son vin de Champagne un excellent vin; ce serait dommage de le laisser éventer... Le voilà bientôt à couvert... et il ne s'éventera plus...»

Bien entendu Jacques n'en laissa pas perdre une goutte et « sablait deux ou trois rasades sans ponctuation, comme il s'exprimait, c'est-à-dire de la bouteille au verre, du verre à la bouche ». Après avoir écrasés leurs oreillers une grasse matinée de leurs têtes chaudes de vin, les deux voyageurs se réveillent. Si le maître ne présente pas de séquelles, Jaques est malade et de mauvaise humeur... Il semble donc que l'auteur de l'Encyclopédie ne connaisse pas la deuxième légende qui accompagne les vins de Champagne. S'ils ne tâchent, ils ne donneraient ni mal à la tête ni gueule de bois. Pour étayer ce propos, l'Union des Maisons de Champagne cite ainsi Maurice Constantin-Weyer (prix Goncourt 1928). Pour ce dernier, les champagnes « ont d'ailleurs une grande qualité : ils ne laissent pas le lendemain de souvenirs désagréables, si l'on s'est laissé entraîner à en boire un coup de plus qu'il n'était raisonnable de le faire ».

 



* : adapté par Robert Bresson en 1945 au cinéma, les dames du bois de Boulogne, avec des dialogues de Jean Cocteau


(Illustration, l’hôtesse aspergeant de champagne (à gauche), Monsieur des Arcis aux pieds de Madame de la Pommeraye (à droite), fonds documentaires de l’Université de Montpellier 3)

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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 08:30

Aujourd’hui, nous allons perdre nos pas dans le cloître de l’église Saint-Etienne-du-Mont, afin d’y examiner un vitrail du XVIIème siècle : le Pressoir Mystique. Selon la définition du Larousse, le pressoir mystique est « une image du Christ couché sous la vis du pressoir, donnant son sang pour laver le péché des hommes ». Aussi allégorique qu’académique, ce thème a connu son âge d’or au Moyen-Âge, avec de nombreuses représentations assez brutales. Dans les églises de l’An Mil, on retrouvait fréquemment un Messie-fontaine-à-vin, appuyant sur la plaie de son flanc droit pour en faire jaillir des geysers de sang de treille.

 

L’église parisienne de Saint-Etienne-du-Mont datant de la Renaissance, le pressoir mystique y est représenté d’une manière plus policée et apaisée. Le but n’est plus d’imprégner dans l’imaginaire populaire le lien entre sang du Christ et vin de messe, mais d’insérer le pressoir mystique parmi les outils de la liturgie catholique. Sacrements de la communion, le vin de messe et l’hostie représentent la chair et le sang du fils de l’Homme (selon les termes de ce dernier lors de la Cène). Dans la liturgie catholique, cette transformation du vin en sang est réelle, la transsubstantiation est à prendre au sens littéral. Loin des représentations doloristes, ces vitraux du pressoir mystique conservent donc leur aspect explicatif. L’allégorie est faite pour s’adresser aux adeptes de Saint Thomas, ne croyant que ce qu’ils voient*. 

 

 

Pressoir-Mystique-vitrail-Eglise-Saint-Etienne-du-Mont-Pari.png

 

 

Suer sang et vin 

Situés dans la galerie du cloître du charnier de l’Eglise Saint-Etienne-du-Mont, les vitraux du Pressoir Mystique sont des émaux recuits au four. Finement ciselée dans son sertissage de plomb, cette lumineuse fresque a la mise en scène d’un véritable tableau. Si l’on y trouve quatre plans, seuls les deux premiers s’apparentent directement au pressoir mystique.

 

Passant au deuxième plan, le Christ a le rôle central est pressé au sens propre. Comme décrit par saint Bonaventure au XIIIème siècle : « le Christ, pressé sur la croix comme une grappe dans le pressoir ». Il supporte ici le poids croissant de sa croix, tandis que du sang gicle des plaies de la Passion. Couronné, auréolé et allongé sous pressoir, le Christ reste aussi passif qu’impassible. Seul le spectateur le regarde. Même celui qui veille à la pressée ne se préoccupe que des vis du savant montage, les autres personnages de la composition s’affairant tout autant.

 

Recueilli à gauche du pressoir, le sang est amené à ceux qui occupent le premier plan : les prélats de l’Eglise. On reconnaît parmi ces acteurs du clergé un pape affublé de sa tiare, un cardinal en habits d’apparat et un évêque communiant. On peut s’interroger sur la suite logique de la scène. Recevant des fûts de sang, le pape et le cardinal enfournent des grappes dans des barriques. Ce pressoir mystique semble d’avantage préfigurer la macération carbonique que la chronologie chère aux bandes dessinées.

 

Au troisième plan, on trouve trois animaux ailés tirant un char sur lequel semble être jugé un homme ailé, de pieux suiveurs se fondant en suppliques et prières. Il s’agit sans nul doute d’une représentation du Tétramorphe, à partir d’un amalgame des visions de Saint-Jean (l’Apocalypse) et du prophète Ezéchiel** (Ancien Testament). Les 4 animaux ailés composant le Tétramorphe représentent traditionnellement les Evangélistes bibliques (l’homme ailé de Matthieu, le lion ailé de Marc, le boeuf ailé de Luc et l’aigle de Jean). Cette évocation symbolique peut sembler éloignée de l’Eucharistie. Il s’agit en fait d’une caution à la liturgie : l’Eucharistie a été institué lors de la Cène, parole des 4 Evangiles !

 

Au dernier plan on aperçoit des vignes, qui pourraient fort rappeler la métaphore des vignerons de l’Evangile de Saint-Matthieu. Il est par contre certain que l’église qui se profile à droite de ces coteaux est celle de Saint-Etienne-du-Mont. Cette dernière se trouve sur la montagne Sainte-Geneviève, pour ceux souhaitant la visiter, direction le cinquième arrondissement parisien (à proximité du Panthéon et de la Sorbonne).

 

 

* : En légende de ce vitrail, on peut d’ailleurs lire

« Heureux homme chrétien si fermement tu crois

Que dieu pour te sauver a souffert à la croix

Et que les sacrements retenus à l’Eglise

De son sang précieux ont eu commencement »

La croyance en la transsubstantiation est ainsi définie comme un acte de foi, dans l’espoir de clore le débat sur la réalité de ce phénomène (notamment critiqué par les Eglises Protestantes).

 

** : prophète connu des cinéphiles pour l’un de ses versets revisité dans le film Pulp Fiction

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Published by Alexandre - dans Peintures
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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 08:30

Aujourd’hui, nous allons aborder une question existentielle en cette saison de foires aux vins : vous êtes plutôt Bettane de France ou Revue des vins Desseauve ? A l’occasion des fameux ‘‘spécial vins’’*, la tendance est criante. Les grandes publications françaises délèguent leurs sélections de vins à deux grands pôles de critiques. D’un côté on trouve les journalistes de la Revue des Vins de France (le Nouvel Observateur, le Monde... sans oublier la RVF !), de l’autres les critiques de Bettane + Desseauve (Les Echos, le Journal du Dimanche, L’Express...).

Présentée ainsi, la critique des vins en France paraît oligopolistique au possible. Loin de cette tribune sans prétention l’idée de remettre en cause l’impartialité et le professionnalisme de ces nouveaux cartels de la critique. Les Juvénal en manque de « qui critique la critique » peuvent d’ores et déjà passer leur chemin. On peut par contre raisonnablement se demander quels sont les liens entre la mondialisation du marché des vins et cette uniformisation de organes critiques.

 

Supplement-Express-special-vin-2012.png

 

 

Perte de masse critique pour contre-poids plume

 

Dans le dernier supplément ‘‘Spécial vin’’ de l’Express, c’est sans nul doute sa publicité en quatrième de couverture qui interpelle d’abord. Il en effet cocasse que ce hors-série vinique mette ainsi en avant la première marque hollandaise de bière, même en noeud pap’. Pour un amateur passionné de vin, son slogan « open your world » pourrait même sembler un tantinet provoquant, mais vérification faite il s’agit du slogan de Heineken dédie à sa campagne utilisant James Bond (en théorie plus habitué au Château Angélus ou aux champagnes Bolinger). Cette publicité illustre surtout le pouvoir d’une industrie brassicole concentrée, alors que la production viti-vinicole concerne plus des sociétés régionales que de grands groupes internationaux.

 

S’éloignant du morcellement de sa production viticole, la critique française des vins se regroupe, formant un cartel que l’on n’osera qualifier de brassicole. Si les sources de contenus se rétrécissent, on peut logiquement craindre les inexorables uniformisation des critiques, des sélections et des découvertes de nouveaux talents. Issue de la richesse des potentiels viticoles, la variété des vins doit pouvoir s’adresser à un panel tout aussi diversifié dans ses goûts et sensibilités. Sans cela, le filtre de la critique vinique deviendra aussi drastique qu’inique. 

 

Il faut se rappeler qu'en prenant de la hauteur, un verre de vin à moitié vide peut sembler plein. L'effet est similaire ici en prenant une perspective plus globale. L’union faisant la force, la critique française des vins pourrait en effet mettre à profit sa structuration pour devenir le contre-poids du critique américain Robert Parker Junior. Mais pour espérer mettre un terme à l’hégémonie de la laminaire notation sur 100, les numéros spécial vin vont devoir se remettre en cause. Laissant les dossiers vus et relus (le scoop des femmes vigneronnes, l’incroyable potentiel de l’oenotourisme, le pari fou des vins natures...), ils doivent innover pour avoir une raison d'exister. Sinon ils seront l'équivalent de dépêches AFP, publiés et relayés sur tous les supports sans valeur ajoutée... En espérant ne jamais connaître d'Agence Vin Presse de la critique, bonne foire aux vins !

 

 

* : l’exemple même des marronniers journalistiques ! Cliquer ici pour vous en convaincre avec le premier épisode du numéro de foire des ‘‘Spécial Vin’’

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Published by Alexandre - dans Vin'Arcisse
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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 08:30

Aujourd’hui, nous allons regarder une séquence d’Aniki, mon frère, réalisé, joué et écrit par Takeshi ‘‘Beat’’ Kitano. Japonais, ce dernier a traversé l’océan Pacifique pour réaliser son film de gangsters à Los Angeles. Du tournage, avec une équipe nippone, jusqu’au au montage, certifié director’s cut, Takeshi Kitano a pris soin de ne pas se laisser formater par les studios américains, mais de conserver son identité : nippone, ni soumise. Le scénario d’Aniki, mon frère est un écho aussi simple que parfait à cette démarche artistique.

 

Caricaturale, la transposition de méthodes nippones brutales à un monde américain polissé est portée à l’écran par Aniki Yamamoto (joué par Beat Takeshi). Refusant de se soumettre au gang qui vient d’absorber le sien, Aniki quitte l’archipel japonais pour la Californie afin d'y retrouver son frère (d’où le titre original Brother). Aniki ne respecte aucune règle de ce Nouveau Monde, appliquant jusqu’au bout les codes antiques de la criminalité japonaise : les yakuzas (pègre japonaise). Poussé dans des retranchements caricaturaux, ce code d’honneur archaïque est le principal ressort du film, bien plus que la fraternité. Takeshi Kitano fait d’Aniki un voyou à l’ancienne excessif, dont les soudains accès de sauvagerie ne perturbent en rien son impassibilité. Située au début du film, la scène dont il est ici question en est le parfait exemple. C’est un véritable bottle shock des cultures que le réalisateur s’amuse ici à mettre en scène.


Aniki-mon-frere-Takeshi-Kitano-Omar-Epps-Wine-Bottle-Boutei.png

 

Un film aux doigts et à l’oeil

 

Représentative d’Aniki, mon frère, cette scène d’introduction repose sur un rythme alangui, tout en plans fixes et ellipses, brisé par de surprenants éclats de violence désarticulant l’indifférence massive des personnages. Flegmatique comme cowboy allant au devant d’un duel inexorable, AniKitano arrive au loin. Des bruits de bousculade et de bris de verre hors champ font rapidement comprendre qu’il est rentré par inattention dans un autre passant. Joué par Omar Epps*, le passant insulte copieusement AniKitano, l’accusant de lui avoir gâché « vin cher, d’au moins 200 $ » (soit 200 € d’époque). Le flacon en question étant dans un tel état qu’il semble difficile de juger de sa qualité.

Grand cru bordelais ou petit zinfandel californien, le mystère serait entier si cette rencontre ne sentait pas plus l’arnaque la vinasse de supérette. Se baissant sans un mot, AniKitano ramasse le tesson de bouteille. Il met subitement un terme aux récriminations du piéton en lui crevant l’oeil droit. Surpris par une caméra soudain subjective, le spectateur n’en éprouve que plus de douleur pour l’éborgné. AniKitano frappe ensuite au ventre agresseur, le regardant avec satisfaction se plier de douleur (seule expression de l’acteur durant la séance). Nommé Denny, cet arnaqueur borgne reviendra dans la suite du film. Faisant partie du gang du frère d’Aniki, il finira par se lier d’amitié entre Aniki, sans jamais réellement revenir sur cette première rencontre.

Gamine dans sa surenchère de violence, cette séance se délecte de malmener le spectateur. La technique de la caméra soudainement embarquée y est pour beaucoup, complétée par un art de l’ellipse qui laisse deviner la nature des coups et imaginer la douleur des blessures. Dans Aniki, mon frère, les bandits sont à la découpe : phalanges, tripes... Cet aspect caricatural et jusqu’au-boutiste transparaît dans les bruitages. Dans la scène, le « sploosch » sanguinolent marquant le coup est dans la lignée des cartoons américains sadiques (de Tex Avery à Itchy & Scratchy). Cette alchimie est poussée à son paroxysme dans une séquence ultérieure. Particulièrement marquante, elle se déroule dans un restaurant asiatique et pousse à ne se curer le nez avec des baguettes chinoises en aucun cas...

 

 

* : acteur connu par les aficionados de séries américaines médicales. Depuis 2004 il joue le Dr Eric Foreman dans la série Dr House, auparavant il avait également eu une carrière de rappeur/producteur, plus en rapport avec l'univers d'Aniki, mon frère.

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Published by Alexandre - dans Films
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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 10:00

Aujourd’hui nous allons parcourir un strip des Aventures du professeur Nimbus. Le nimbus en question n’est ni un nuage savant, ni un balai d’une série de romans à succès. Il s’agit ici du personnage créé par André Daix en 1934. Apparaissant dans des strips quotidiens, Chantal Goya décrit avec sa verve habituelle sa tournure dans sa chanson de 1988 : « il a de gros yeux avec un grand front//et un cheveu en forme de point d’interrogation ».

Au fil du temps, ce personnage a acquis dans la culture populaire la place de caricature du savant sinoque (écouter le Grand Pan de Georges Brassens). Un docteur en rien Mabuse et en tout maboul. Le gag ci-dessous joue sur le ridicule d’un raisonnement jusqu’au-boutiste du raisonnement du professeur Nimbus, jusqu’à la chute dégoulinante.

 

 

Professeur-Nimbus-sait-lire-a-l-envers-Andre-Daix.png

 

 

Châteauneuf, docteur ?

 

Muet, ce vinique strip est d’un humour assez sommaire, mais qui n’en est pas moins touchant d’une spontanéité enfantine. Cet aimable calembour est ainsi proche de l’humour des strips de Pif le chien : épurés, pour ne pas dire simples. A noter que si la bande est datée par son style, le professeur Nimbus témoigne d'une oenophilie intemporelle. Il couve notamment d'un oeil sûr la robe du vin à déguster et n'omet pas d'être précurseur dans la mode du vin au verre. Même si son ballon doit sentir bon la caraffe pinardière du patron.

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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 09:00

Aujourd’hui, nous allons écouter Wine-Flow Disco du groupe Mass Production. Comme lors d’une dégustation de vin à l’aveugle, nous allons enquêter, supposer et broder autour de cette chanson sur un mode discoenologique. Le groupe Mass Production a laissé peu de traces dans les puissants outils encyclopédiques que sont Google et Wikipedia*. Ce qui n'empêche pas le détective 2.0 d’avancer que cette troupe a officié de 1976 à 1983. Besogneux, le limier numérique va jusqu’à préciser que le groupe était originaire de Norfolk (Virginie) et constitué d’une dizaine de membres.

Mais si les d’Alembert et Diderot de nos temps modernes peuvent préciser que la plupart des musiciens étaient des camarades de lycée, ils restent bien silencieux sur la chanson qui nous intéresse : Wine-Flow Disco. On sait tout au plus que le morceau était présent sur le premier album du groupe : Welcome to our World. Paru en 1976, le disque est résumé par sa couverture, et son slogan : « Original Funk Music ». L’identité du groupe se trouve alors entre les poses R&B des Isley Brothers et des dégaines discosmiques de Funkadelic. On retrouve dans Wine-Flow Disco ce pont entre l’héritage digéré de la soul et l’émergence du genre disco, le tout sur au rythme d’un flacon déversant son flot de vin.

 

Wine-Flow-Disco--album-Mass-Production-Welcome-Our-World-19.png

 

 

Discaudalie

 

Au premier abord, on perçoit des reflets de modernité dans la robe musicale de Wine-Flow Disco. Avec la distorsion des voix et l’amplification des lignes de basse, le Disco Inferno (1976) des Trampps n’est pas loin. Mais sur la durée, on sent bien que Wine-Flow Disco a les fragrances des longues chansons jazz-funk du début des années 1970. Pourtant dépouillées, les sections vocales, rythmiques et cuivres témoignent de l’influence déterminante de Papa Was a Rollin’ Stone des Temptations (1973).

 

Jeunes vignes d’un terroir établi, Wine-Flow Disco est une promesse par son titre même : une chanson disco rythmée par l’écoulement vinique. De l’indolente introduction instrumentale au final unissant choeurs et cuivres, la chanson s’écoule au rythme imperturbable des congas. Souples et moelleux, ces à-coups rappellent les glou-glou d’une bouteille enquillant les ballons. Hypothèse farfelue ou effet dûment recherché... à vous de juger !

 

Assez simples, les textes sont du niveau du Celebration de Kool & the Gang et ne permettent pas d’en deviner beaucoup plus. Commençant par la satisfaction d’un homme finissant sa journée de travail, la chanson enchaîne sur un soirée en discothèque (« some folks are here for dancing//some other for romancing//all are here for good time ») puis par les consignes chorégraphiques d’un disc-jockey. Scandée avec foi, la ritournelle « Wine-Flow Disco » a une rémanence que je vous laisse maintenant juger.

 

 

* : Mass Production a par contre essaimé ses morceaux sur divers sites musicaux. Wine-Flow Disco peut s’écouter en cliquant ci-dessous :

 

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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 08:59

Aujourd’hui, nous allons retourner cirer les bancs de nos petites classes et relire le Médecin malgré lui, pièce en prose et en trois actes de Molière. Mais à l'existentielle question du ressort comique par la dialectique du quiproquo médical posé en parangon de la comédie farce, nous allons préférer la chanson que Sganarelle dédie à sa bouteille de vin et ses doux glougloux.

 

Personnage récurrent du théâtre de Molière, Sganarelle est ici un bûcheron spécialiste du fagot. Comme il s’en vante auprès de sa femme Martine, c’est également un « habile homme : trouve−moi un faiseur de fagots qui sache comme moi, raisonner des choses, qui ait servi six ans un fameux médecin, et qui ait su, dans son jeune âge, son rudiment par coeur » (acte I, scène 1). La pièce commence par une dispute du couple, qui peaufine le portrait éthylique de Sganarelle. A son épouse qui l’accuse de manger tout ce qu’elle a, Sganarelle rétorque en effet un « tu as menti : j'en bois une partie ».

 

La dispute se clôt sur Sganarelle battant comme plâtre sa femme. Si celle-ci se « plaît d’être battue » (acte I, scène 3), elle n’en met pas moins au point une vengeance qui se révélera particulièrement aboutie. Soudain viennent à elle deux serviteurs, cherchant un remède au mutisme de la fille de leur maître, Géronte. Martine fait alors passer son mari pour un médecin hors pair, mais excentrique au point de ne confesser son savoir que sous les coups. Partant à la recherche de Sganarelle, les deux serviteurs entendent au loin un homme chanter et couper du bois...

 

Sganarelle-medecin-malgre-lui-Moliere-Gounod.png

 

C’est en bûchant qu’on devient bûcheron et c’est enivrant qu’on devient ivrogne

 

Sganarelle a posé sa hache, au lieu de couper le bois il chante et boit (acte I, scène 5) :

« Qu'ils sont doux,
Bouteille jolie,
Qu'ils sont doux
Vos petits glougloux !
Mais mon sort ferait bien des jaloux,
Si vous étiez toujours remplie.
Ah ! Bouteille, ma mie,
Pourquoi vous videz-vous? »

Le constat de l’inexorabilité des vases communicants motive la lutte de Sganarelle contre la mélancolie. Mais comme Valère et Lucas, les deux serviteurs de Géronte, s’approchent, Sganarelle est coupé dans son ode :

« Ah! ma petite friponne ! Que je t'aime, mon petit bouchon!
Mon sort... ferait... bien des... jaloux,
Si...
Que diable ! A qui en veulent ces gens-là ? »

S’ensuit un quiproquo entre les personnages : Sganarelle pensant que l’on veut lui acheter des fagots, alors que les serviteurs veulent lui faire avouer sa qualité de médecin. Au terme de la discussion, la méprise n’est pas résolue : Sganarelle abdiquant sous les coups répétés. Sganarelle se convainc alors d’être médecin, prenant l’attitude de sa fonction. Sa fidèle bouteille devient même son juleps (le liquide diluant un médicament pour mieux le faire passer).

 

La touchante naïveté de cette chansonnette de buvette transparaît encore plus dans l’opéra de Charles Gounod. Représentée pour la première fois le vendredi 6 août 1666 au Palais Royal, le Médecin malgré lui de Molière a en effet été adapté en livret par Jules Barbier et Michel Carré, puis en musique par Charles Gounod (représenté la première fois le vendredi 15 janvier 1858 au Théâtre Lyrique). Cet opéra se repose sur le texte de Molière, qu’il entrecoupe de couplets chantés. C’est le cas du chant des glougloux devenant la chanson Qu’ils sont doux. En voici ci-dessous la version chantée par un atelier théâtral de Yucatán (Mexique), le dimanche 13 novembre 2011.

 

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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 09:00

Aujourd’hui, nous allons écouter un écho radiophonique de l’été 2011 qui va nous donner à entendre le langage des vignes chinoises. Dans sa chronique matinale du 19 août, Daniel Bastard se penchait sur le vin, à l'occasion du début des vendanges du précoce millésime 2011. Le linguiste nous explique les sinogrammes représentant le vin, les décrivant dans leur alignement logique et descriptif, comme les clés du rébus de l'antique histoire du vin en Chine.

 

 

Vin en chinois sinogramme mandarin

 

Musique du château chinois

 

Basé sur trois caractères, le vin s’écrit en chinois 葡萄酒 et se prononce très approximativement ‘‘poutaodjiou’’. Littéralement, ces trois caractères se traduisent par « boisson alcoolisée de raisin ». Commençons donc par la conclusion du sinogramme. Le caractère 酒 représente les boissons alcoolisées dans leur généralité. Daniel Bastard rappelle que cet idéogramme est composé de deux symboles : la fermentation (酉, une jarre avec son couvercle, son goulot, ses parois et son contenu bouillonnant) et les liquides (représentés par les trois traits qui jaillissent de ce qui ressemble décidément à une cuve).

 

 

Le raisin est quant à lui représenté par deux caractères indissociables : 葡 萄. Ces deux symboles se ressemblent beaucoup. Ils sont chapeautés par le 艹 symbolisant les végétaux (des « brins d'herbe » selon Daniel Bastard) et enserrés par le même écrin : 勹 (une « peau de raisin »). Le premier caractère renferme comme pépin le signe 甫, qui symbolise ici la « jeune pousse ». Dans le second caractère, on trouve 缶 : une carafe stylisée. Ces deux caractères résument le devenir et le potentiel d'un raisin. Il est à fois la potentielle descendance d'une vigne (l'embryon contenu par le pépin) et l'essence du breuvage vinique (le jus sucré protégé par la pellicule). La terminologie même du raisin témoigne du lien indissociable que la culture chinoise fait entre le raisin et le vin.

 

Selon Daniel Bastard, 葡 萄 est une transcription phonétique d’un ancien mot perse. On lui fait confiance, même si l’on semble se trouver bien loin du terme persan actuel (خون  prononcé ‘‘angûr’’). Quoiqu'il en soit, cette étymologie illustrerait la production précoce de vins en Chine, avec une viniculture plus ancienne que ce que l’on imaginait par les missionnaires occidentaux, apportant civilisation et viticulture à l'occasion. Si les alcools de riz sont présents sans discontinuer durant l'histoire chinoise, les pratiiques de fermentation de raisins réalisent des apparition plus épisodiques (notamment sous les dynasties Han et Yuan). Encore ujettes à caution, de récentes découvertes archéologiques dans la province de Shaanxi font remonter les premiers vins chinois connus à la dynastie Zhou, soit il y a 3 000 ans.

 

  

* : plus précisément l’excellente émission Passe Muraille diffusée sur France Inter durant la matinale de l’été 2011 (encore plus précisément, de 6h52 à 6h56).

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